lundi 22 décembre 2008

Vamos a la playa.

Potosi
Après de journée de réinsertion dans la société dans cette laide ville de Uyuni, je décidais de garder ma bácane, déçu des prix peu honorifiques qu´on me proposait, et rassurés par une bande de suisses qui n´avaient eu aucun mal ou presque à descendre leur engins par les bus. Je m´en continue donc plein est en direction du lointain océan.


Voyage commençant typiquement, le tympans bercés des douces destinations gueulées en boucle dans les oreilles endormies; ici, c´est du bus cubique, haut sur roues, chargement hissé sur le toit; ça secoue sur les caillasses des pistes, on étouffe, et on ouvre les fenêtres pour laisser entrer la poussière; les habitants des petits villages se pressent pour envahir l´allée du bus, emplies de gens et de paquets en tout genre; il fait chaud et ça sent le bouc; certains sont malades, ça rends les autres malades, c´est assez comique, surtout qu´on finit bien sûr toujours par crever un pneu.



Potosi est la ville la plus haute du monde, connue pour ses mines où triment des travailleurs courts sur pattes. Naturellement, les mines sont devenues attraction touristique de premier plan pour la ville, avec son cortège de défensseurs et de détracteurs, les premiers estimant que ça rapporte de la tune et de l´exposition aux pauvres mineurs, les seconds que ça raporte surtout aux agences et que c´est trop touristique donc que les touristes devraient pas le faire; ceux là se trouvant être essentiellement de bons résistants français, qui teintent l´hypocrisie de leur voyage d´un discours moraleux socialiste et de pretextes secondaires pour justifier qu´ils voyagent mais ne sont pas, eux, de vulgaires touristes. L´un d´entre eux, sous pretexte de faire de son voyage un reportage -plus élaboré qu´un bête blog- crache sur l´idée, puis trouvant l´oportunité d´y aller gratuitement le lendemain, l´ácte trouve grâce à ses yeux, il y a va ``pour témoigner´´, sans interessement personnel aucun.


J´en croiserai d´autres à Santa Cruz, quelques braves, mais droles gaulois qui cuvent leur tourista en expliquant pourquoi leur voyage est avant tout culturel, gobelet de burger king en main; nouveaux justiciers voyagant dans les pays pauvres avec leur allocation chomage, et préparant la révolution attablés au McDo, t-shirt du pauvre Che sur les épaules, transformé ici comme ailleurs en objet kistch pour ado des pays riches, qui se massent pour péleriner jusqu´à la piste d´aterissage de Villagrande non loin d´ici où s´était fait buter le héros barbu.


Etant un super touriste et voulant jouer dans les mines, j´y suis bien sûr allé; pour défendre ma cause, il faut dire que les mineurs ont le choix de voir les touristes ou non, c´est pas au fond de leur trou que n´importe qui peux venir les déranger, puis ça leur fait du fric facile.
Les mines m´ont surtout fait penser aux catas, qu´il s´agisse de crapauter dans des couloirs de terres, ramper comme un rat; c´est assez semblable, si ce n´est que c´est ici étagé sur toute la coline du Cerro Rico, que les couloirs sont creusés au format de poche bolivien, et qu´on y respire toute sorte de produits dégueulasses, qui n´arragent pas la respiration à cette altitude. Si bien qu´on a vite perdu la moitié du groupe. Les mineurs font des offrandes à leur statues du diable pour pas qu´il les garde sous terre, ce qui arrive malgrès tout régulièrement; ils sont complètement adicts à la feuille de coca, et l´alcool à 96 degrès qu´ils boivent pour se miner (ah, ah) est assez troublant en bouche en milieu de matinée.

Sucre
Je quitte Potosi en compagnie d´un trio de Flamand rencontrés, et on prends la direction de Sucre par une route où siège un chien tout les dix mètres et que je ne regrette pas d´avoir éviter en vélo. Je reprends celui-ci à sucre, quand on me le descend du toit et m´attèle à lui trouver un refuge dans une gentille famille bolivienne que je ne connais point; on verra ce qu´il en restera dans quelques semaines. Sucre est une ville sympatique, la "vraie" capitale du pays, surtout selon les locaux; on y bouffe bien, spécialement sur le marché du chocolat de noel; on y visite aussi un parc plein d´empruntes de dynosaures latinos qui logaient ici dans le temps; puis on visite quelques fond des verres de cuba libre aussi.

Cocha
Je laisse mes Belges, file vers cochabamba, poursuivre ma tournée là bas aussi. Je me trouve une cellule dans un batiment colonial, et retrouve Perine, première tête connue de mon voyage. Revenue ici pour un mariage en aout, elle est pas prête de décoler, maintenant qu´elle s´est trouvé son don Juan en la personne d´Eric, le beau frère de la tante du cousin de la première famille, j´ai rien compris, mais le gars est charmant. On se balade en ville, on monte sur une butte où il sont allé construire un Jésus plus grand qu´à rio; on monte aussi dans Jésus, même si je ne suis pas sûr que ce soit très catholique; puis visite du mercado, quelques brochettes de coeur de boeuf, et on s´adonne à la pratique locale répandue du on joue au dé pour picoller. Pareil le soir, dans le bar bien nommé "le liver pool", qui même s´il passe des clips de rocks en boucle ne souffre d´aucune clientèle britannique que ce soit; et viennent ici des boliviens qui se mettent chers en jouant à toute sorte de jeu de dé. J´en apprends pas mal, apprends aussi que je suis nul, mais que c´est un peu le but du jeu, et puis je comprends vite que je comprends plus rien et que jme suis pas loupé.
Seat back, relax, and enjoy your trip!

Renoncant à mon bus matinal; une douce journée de plus dans cette belle ville de cochabamba, troisième du pays; ce que certains couillons savants aux phrases toutes faites appellerai volontiers "une ville à taille humaine". Là où y en a des humains, c´est dans le terminal de bus; un beau bordel de terminal de bus bolivien; dix compagnies de bus pour santa cruz, toutes le même prix, toutes à la même heure, ce qui fait un beau convoi de dix bus quelques km plus loin. Alors les compagnies se refilent des voyageurs, qu´elles font poireauter jusqu´à avoir vendu tous les billets du bus, ce qui permet, en arrivant au dernier moment, quand le bus a une heure de retard et que le mec qui vend les tickets se fait engueuler par tous le monde qui attend, de négocier, sous la pression du peuple, les derniers tickets à moindre coup.
Ensuite, on embarque, débarque pour changer de bus, puis remonter dans le premier; c´est le bordel, le bus prévu une heure après part avant; les "Vamos" fusent, le bus finit par partir; dix minutes après, c´est les vendeurs de bouffe qui investissent le couloir quand ils peuvent pas vendre par les fenetres; puis vient le speech de 45 min du vendeur de brosse à dent ou autre, et quand il la boucle enfin, et que son collègue suivant la boucle aussi, on est déjà en milieu d´après midi, on descend dans la jungle, il fait humide et chaud quand le bus ralentit de trop. Alors quand il s´arrette pour rien; c´est à dire quand il s´arette sans qu´il y ait de marchand quelconque à la porte; eh bien, il fait une chaleur à crever, et ça gueule, et c´est repartit pour les vamos. Comme il fait chaud, les enfants foutent le bordel, les ptits mecs gueulent, les ptites meufs chialent; et pendant que le bus ralentit, que l´arrière soutient le "vamos", à l´avant, ça négocie avec le chauffeur pour qu´il s´arrêtte laisser descendre des gens qui semblent habiter au milieu de nulle part; moi, j´ai papy bolivianos qui fait la sieste sur mon épaule depuis plus de deux heures; je me déssèche sans plus réfléchir à rien, et c´est surement mieux comme ça.


Santa Cruz de la Sierra, courte halte dans cette ville riche et s´est reparti le lendemain. Le train dont on ne peut acheter les billets que le jour du départ, est plein trois jours à l´avance, curieux; au lieu du train de la muerte, ce sera le bus, de la muerte aussi, comme beaucoup de choses ici. Je pensais avoir tout vu, là, j´ai encore le niveau au dessus. On commence bloqués plus d´une heure, pour laisser s´écouler le traffic d´un pont bralant au dessus d´un marécage; les vendeurs sont au fenetres, notre chauffeur s´impatiente et finit par repartir en trombe; le western espagnol de la télé disjoncte, elle ne tient qu´au skotch et saute dans tout les sens; il commence à pleuvoir dehors, et donc dedans aussi, plua de lumières; puis on entame la piste pour le brésil en début de soirée, à tombeau ouvert; ça saute dans tout les sens, le bus fonce dans le noir, bruits de tôle et de plastique; ceux qui ont des acoudoirs ont la chance de pouvoir s´y accrocher. Bien calé dans mon siége à coté d´un gars plus de son gamin, je peux de toute façon pas bouger...Ce sont ensuite les bagages qui tombent, les portes bagages se cassent la gueule, on y voit rien, et ça bouge trop pour que quiconque puissent se lever et réparer la chose...Habituellement le bus bolivien stoppe pour le repas du chauffeur, puis son café, puis sa pause pour pisser, puis pour qu´il passe un coup de fil....Celui là, pour une fois qu´on souhaiterait tous arrêter d´être secoués, ne le souhaite; une seule pause, une minute trente, au milieu d´une marre de boue sur la piste pour que tout le monde pisse; l´ocasion pour moi, dont les tongs se baladent dieu sait où dans le bus, de saloper son plancher aprés avoir pataugé dehors.


Brazil

Content d´arriver le lendemain à la frontière et de trouver les bus brésiliens; irréprochables. C´est subitement un autre monde, les batiments sont climatisés, il y a des poubelles, ils sont même champions du tri collectif; la bouffe est encore mieux qu´en bolivie; les chiens ne tiennent plus la ville et les conducteurs n´utilisent pas le klaxon à la place des freins. Par contre, tout est plus cher, et pour ceux qui se moquaient de mon espagnol, vous devriez voir les brésiliens, c´est incompréhensible.
Mais ils sont d´une gentillesse absolue, lachent pas le sourire, et ça rend les choses faciles. Nouveau bus de corumba à Bonito, petite ville du pentanal, chaude et lente, où je paresse quelques jours, me balade dans les environs en moto taxi, rencontre quelques brésiliens en vacances en famille, et passe noel au bord de la piscine par une chaleur pas croyable.

Ensuite, c´est la cavalcade, dernier bus pour enfin filer sur la cote; un palace roulant, à moitié vide; jme cale à l´arriére avec les fouteurs de merde, et on trace tout droit, á travers les plaines fertiles à la terre rouge, la nuit est magnifique, les éclairs énormes fendent le ciel toute les trois secondes, éblouissants, comme en plein jour; le bolide file, à une vitesse énorme, effroyable, on fond en silence sur la mégalopole; notre vaisseau se fraie sa propre route, dans un fracas de nuage et d´étincelles, anéantit les champs et asséche les plaines, bientôt ce serait sao paulo; puis en quelques jours Rio et une nouvelle année; j´en bouillais sur mon siège, je ne sais pas oú je vais atterrir ou dormir ni comment ça va se passer; mais cette nuit je me sens d´un apétit gargentuesque; alors dégagez la route, appellez les comis au fourneaux, ouvrez les portes du stade et élargissez les caniveaux; j´arrive !!


Chié Guevarra

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