
Dévalant les pentes depuis le quartier d´el Atlto, nous serpentons dans les raides rues de La Paz, avant d´être lachés au beau milieu d´une ruelle jusqu´alors anonyme à nos yeux innocents. Je m´applique à m´attacher la compagnie de Mette, une Danoise du bus, petite beauté blonde comme seuls les pays nordiques savent nous en servir; elle a l´adresse d´un bastion irlandais, pension de dortoir, à laquelle s´attiends bien enttendu un pub sombre et crade, emplis de britannique (ou rebus de colon de l´espèce) à gueule carrée, coupe au bol oasis, et aux affaires dès quatorze heures.
A la Paz se visite l´étrange prison de San Pedro, célèbre par le fait qu´aucun policier ne pénétre á l´intérieur; c´est une micro société oú les prisonniers s´occupent de tout; ordre, organisation, buiseness aussi; les femmes et les enfants de ceux-ci peuvent entrer et surtir à leur guise et même habiter sur place pour ceux qui ont les moyens de payer une cellule assez grande.Comme l´argent est donc roi à l´intérieur également, tout est bon pour en gagner, et outre le traffic de substances en tout genre, le tourisme est également une manne intéressante pour les prisonniers; les deux activités se confondent souvent, pas mal de jeunes blancs trouvant excitant de pouvoir déclarer avoir fair de la coke en prison en Bolivia; les plus téméraires d´entre eux arrivant même à y établir résidence; oh les fins finots que voici!
Il n´y a donc pas vraiment de moyen officiel de visiter l´endroit, si ce n´est se pointer devant et trouver un des ex détenus qui nous met en relation avec un des prisonnier-guide. Pour le petit groupe de cinq personnes que nous fumes, il nous faut également s´attacher les services de quelques six gardes du corps, qui s´assurent qu´on ne sera pas interpellés par les autres prisonniers, et que leur buiseness ne souffrira d´aucune mauvaise publicité. Ca ne me dérange guère puisque je me trouve être le seul gars de notre groupe et que celui ci a tendance à attirer les yeux fous de quelques internés. Les plupart des types ici sont là pour traffic, mais il y a une bonne poignée d´assassins, dont le chef de nos gardes du corps, qui du doux nom de Jesus, était tueur à gages, puis un des caïds de la prison, qui térrorisait son monde pour trouver le fric pour son crack, et qui est repentit depuis qu´il a trouvé la foi. Comme les autres, il parle de ces larcins, crimes et condamnations sans la moindre pudeur et avec un froid détachement; comme le ptit gars qui fait des bracelets dans un coin de la prison et qui réponds á la question “Pour quoi tu es ici toi?” en se passant le pouce le long de la gorge avec un petit sourire en coin.
Les six districts sont tous organisés autour d´une cour dans laquelle se disputent quelques rudes parties de football; sur les murs, coca-cola paie pour afficher sa pub, dans chaque cour se trouve un bassin où sont baignés les prisonniers en retard à l´appel quotidien de 7h du matin; on visite la cuisine centrale, les ateliers, les chambres; de vraies cages à poules; mais pas les douches, personnes ne s´en plaindra; après trois heures, on donne le pourboire à nos anges gardiens et on s´en ressort comme on était rentrés.
La Paz est une ville joyeuse. En outre de la visite de la prison, de la balade au cimetière ou la touristique route de la mort, on peut également assister à des combats de catchs avec de vraies indiennes qui se foutent sur le gueule; c´est assez marrant, et on fait moins les malins quand on
croise dans les marchés leur innombrables sosies. Les marchés à La Paz sont omniprésents et s´enfilent dans toutes rues. La plupart des stands sont tenus par des familles entières, certaines gamines sont redoutables en affaires, chaque rue a sa spécialité, il n´est pas rare que dix boutiques consécutives vendent la même chose; toutes les rues sont en pente, quand la boutique choisie n´a pas l´objet recherché, la brave vendeuse suggère un "mas abarro", la dernière boutique en bas de la rue renvoie le brave touriste vers le haut, on peut trouver de tout dans les marchés, à toute sorte de prix; il s´y vend toute sortes de saloperies, jusqu´au célèbre fétoeus de lama, qui se place sous la prenière brique des maisons à construire, en guise d´offrande à la pachamama, qui en prend en ces lieux bien pour son grade.

Les rues grouillent de monde en tout genre, de gamins en uniforme qui ne semblent jamais être à l´école, de vendeurs en tout genre, de bonnes femmes au typique chapeau melon, chargées comme des bodets, de toutes sortes de guignols alpaguant passants et touristes pour leur vendre antenne de télé, faux fossile du jurassique, montre de contrefaçon, et à peu près tout ce qu´ils ont sous la main, il y a au bord des trottoirs des vendeurs pour toutes
choses, l´un ne vend que des mouchoirs en papiers, celui d´après que des bouteilles de vinaigre; et ils sont là toute la journée; le marché aux bestiaux voit s´entasser toutes sortes d´animauix dans des cages minusculles, qui doivent parfois finir non loin sur les étales des bouchers où pourissent au soleil de sanguinolants monceaux de barbaques grisatres....
Dans les rues tout autour vont et viennent une foule considérable qui saute d´un collectivo à l´autre, à la porte desquels un gamin beugle en boucle les difrections de l´engin; tout ce traffic claxonne frénétiquement, plus par habitude que par raison; des bus d´un autre temps calent dans les côtes, les taxis en perdition dans les rues en pentes font descendre les clients qu´ils invitent à marcher jusqu´en haut; d´autres
remontent les files de voitures à contresens, les flics engueulent les taxis qui klaxonnent les flics; tout le monde applique sa propre loi et personne n´avance. 

Au vu des messages alarmants pris ça et là quand à mon idée de me rendre en Amazonie pendant la saison des pluies, je change mes plans en dernière minute et me prends un billet d´avion pour le jour même. On me promettait la pluies, des routes et des aéroportrs impraticables, des moustiques en pagailles, et même des prix plus élevés sur tous les fronts; à peu près tout ce dont à quoi j´aurai quand même le droit dès maintenant. J´opte our la compagnie militaire pour l´aller, qui a de militaire qu´elle part de l´aéroport militaire; temps mitigé, 4 heures à l´aéroport pour aprendre qu´on ne part que le lendemain; la piste en herbe à l´arrivée serait trop glissante; ce sera pareil au retour; on s´organise en équipe de taxi, on se perds deux heures dans les embouteillages de fin de journée; je finit dans la cellule sous toit d´un motel sordide.
On recommence avec les mêmes à cinq heures du matin, et on finit par rejoindre Rurrenabaque, symatique bourgade de la jungle, avec de superbe paysages, survolés en basse altitude au passage. Je laisse mes compagnons de vol que je commence à bien connaitre et que je ne cesserai de recroiser; et je retrouve Sarah, par heureux hasard, à la descente de la navette. Elle est un anglaise parlant français et chinois, deux pays dans lesquelles elle a habité, et dont le mixage savement dosé forme ces êtres d´exception. Avec l´américaine Jenny que je recroise également à La Paz, carrefour de 
voyageurs en tous genres, c´est encore là une rencontre avec un mix de chinois, raprochement que je ne m´explique guère et pour lequel il me faudra consulter à l´ocasion mes amis sociologues, promotion r2, pour trouver à coups sûr quelques pistes de réflexion interessantes.
On s´embarque pour la jungle par une mauvaise piste en 4x4, chaleur acablante, soleil perçant, puis pirogue en bois dans une rivière infestée de caïmans, aligators, capibaras (un croisement d´hipopotames et de cochons d´inde), tout espèces d´aigles, d´oiseaux et de singes, c´est un vrai safari; bien assis dans la pirogue, les pieds dans l´eau et le vent dans la face. Sauf quand il faut en descendre pour pousser, ça arrive... On a une sorte de lodge en bois au bord de l´eau, avec quelques hamacs en extérieurs, de piteux lits en moustiquaires et une bouffe du tonerre, tout ce qu´il faut pour être heureux, il y a même des bars le longes de la rivière, où on se rend en
pirogue pour les chaudes soirées; le retour se fait de nuit, et des centaines d´yeux oranges nous mattent
dans l´obscurité; les caïmans noirs et anacondas sont de sortie, on met plus les pieds dans l´eau. On occuppe nos journée à la pêche au piranhas, activité plus ardue qu´il y parait, à l´observation des differents bestiaux ou encore à la baignade dans cette eau croupissante d´aligators et de piranhas. C´est vrai qu´à l´endroit où on se baigne, aucun vient nous embeter, on ne voit que Pedro, vieil aligator avec qui le guide a ses habitudes, mais qui nous fait quand même douter quand il disparait sous l´eau; il est en tout cas plus joueur que les dauphins d´amazonie à gueule rose cabossée qui ne font aucun cas de notre présence. On laisse nos charmants couples anglais et polonais après un hépique retour en jeep, fait de crevaison, d´incendie en bord de route et d´une heure de conduite frissonante à l´aveugle dans la poussière de la piste; éprouvant.
détourner des touristes à tour de bras, et il est ocuppé ce jour à dresser son groupe d´israéliens qui rechignent à aller gambader dans la jungle humide. Les israéliens sont assez omniprésents dans la région, la bolivie est devenue la destination prisée des jeunes israléliens en fin de service, qui viennet ici en gros groupes foutre un gros bordel; le bon commerce n´ayant pas de limites, beaucoup de guides natifs d´amazonie parlent l´hébreux et non l´anglais. La njungle est chaude,
mouatte, et la pluie fait qu´elle grouille de moustiques et de bestiolles en tout genre. On se balade dedans, guidé par un enfant du pays; on marche, de jour comme de nuit. Apercevoir les grosses bestiolles est plus dur que de les entendre; les insectes sont omniprésents et attaquent au moindre arrêt, il y a des fourmis de 5 centimètres, saloperies autement vénimeuse, des arignées de toutes les couleurs; les arbres, pleines de lianes, mousse et végétation des plus étranges, sont immense, c´est superbes,
impressionnant, mais sans repos; l´enfert vert porte bien son nom. La nuit est des plus bruillantes, ça siffle, ça gueule dans tous les sens; ça déborde de vie.
On finira par se retrouver encerclés un matin par plusieurs troupeaux de cochons sauvages, bien appétissants, venus prendre leur bain dans quelques marécages environants, on voit aligators, singes, perroquets....et des insectes, toujours, des papillons qui grouillent par milliers; c´est vraiment superbe; on quitte le jardin d´Eden presque à regret d´en avoir vu si peux, mais heureux d´aller retrouver la piscine et le vent sur la pirogue pour se débarasser de nos collants compagnons bourdonnants.En chemin, la pirogue ramasse mes deux français de l´ avion, qui sortent des mêmes péripécies. A Rurre, on décide de se payer le grand luxe, hotel avec piscine, ventilateur au plafond, pour soulager nos corps criblés de piqures; un toucan aprivoisé fait des bonds autour de la piscine; des perroquets jouent dans les arbres, une indigène nous apporte des jus de mangue au bord du bassin, et personne se fout de ma gueule quand je nage comme un clébard; je suis comblé de satisfaction.
Bien, sûr, ça ne pouvait durer, le lendemain, la pluie tombe en trombe, pas d´avion, une fois de plus reporté, on doit se retrouver un hotel; je croise quelques compères du premier vol, on rigole de nos mésaventure autour de quelques verres. Et là pour arranger le tout, que ce soit les moustiques qui on profitté de 20 minutes de sieste dans le hamac pour m´en refiller 15 à ma collection où la bouffe douteuse du midi; je me retrouve ko, malade, la jungle a fini par m´avoir sur le fil, traitresse!
Retour à La PazJe m´adonne en cette charmante citée à une activité qui depuis longtemps me faisait de l´oeil et à laquelle j´oposais une resístanse farouche, qui en les circonstences n´a plus lieu d´être; à savoir tenter de conquérir un comptoir sans le moindre allier, fort de mon seul entrain et sûr de ma grande expérience. Je dois bien dire qu´il n´y rien de plus facile que de se faire des amis de circonstance le long d´un comptoir emplis de d´irlandais; souvent bien contents de voir un Francais s´aventurer à venir massacrer leur langue en leur bastion; certains parlent de leur déboires en Bolivia, comment ils se sont fair volés ici ou là, et c´est toujours la même histoire d´un Brian ou d´un John fustigeant le manque de classe des célérats boliviens profittant toujours de l´état d´hébriété avancé du rouquin pour le délester; tristes faits relatés avec une certaine fatalité par ces rouquins qui semblent être désarmés
devant de tels actes; la solution de moins boire n´en étant pas une. Occupé à nettoyer quelques godets le soir de l´élection américaine, je reencontre un australien, né extactement le même jour que moi, à la meme heure; tout le monde s´en fout à par nous, mais on est bien content, et comme le décalage horaire australien fait de lui mon ainé; vas-y paie donc ton coup, deux natifs du 4 juillet un soir d´élection yankee accrochés sur le même comptoir, si c´est pas une excuse ça…Je passe ainsi plusieurs jours à trainer avec toute sorte de gars, de filles, de tous ages, venant de partout, cours la ville le jour, cours les bars la nuit et me rends compte que ça fais bien longtemps que je suis à la paz, que les barmans connaissent mon nom et que quelque britannique se tentent à me lancer des “bonsoirs” dans le texte; il faut que je foutte le camp.

Loïc, Roi des animaux.
