vendredi 24 octobre 2008

PanameEricaine


Lima

Quitant mon nid d´aigle haut perché de Huaraz, je m´en redescendait vers Lima, suivant la suinueuse route le long des falaises sabloneuses en à pic au dessus du Pacifique qui précède l´arrivée sur Lima, à la fin de laquelle il faut compter deux heures de traverssée de bidonvilles avant de toucher au centre. J´ai repris la même compagnie de bus qu´à l´aller, qui nous gratifie toujours d´une petite scéance vidéo à l´embarquement. On filme tout le monde qui monte, puis tout le monde assis à sa place avant le départ, puis le bus qui s´en va. C´est probablement pour laisser nos visages dans les annales de la compagnie si jamais on arrivait à l´heure à destination.
Ceci n´étant pas le cas cette fois ci non plus, j´ai tout le loisir d´arriver à l´heure de pointe dans cette belle ville bordélique et de m´en aller dealer ma course de taxi armé de mon nouveau parler espinguoin. Je me retrouve dans un hotel, recommandé par quelques voyageurs recontrés, qui se révèle bouffit de dortoirs dignes d´un hopital soviétique de la grande époque: une pièce plus haute que larges aux peintures écaillées, un entassement de lits superposés, une pauvre lucarne en haut du mur donnant sur une rue sale et bruyante, et un triste hollandais, en train de cuver une quelconque maladie dans le lit du fond. Je ne ferai pas le difficille pour la nuit, me surprenant même à y trouver à l´endroit un certain cachet, et je ferai mes valises pour une grosse auberge, animée et disposant, en plein centre d´un bar et d´une terrasse sur le toit; me voici à nouveu à bon port.

Un petit week end à Lima où je retourve ma camarade Jenny, de san francisco, et qui a des connaissance de gens, volontaires dans divers organismes sur place, qui fêtent leur dernier week end à Lima en menant la grande vie: Un noir américain, du sobriquet saugrenu de Donald, fait ses dernières nuits en haut du Marriot, la face dans l´océan, grace à une histoire douteuse de point de crate de crédit, ce qui nous permit d´aller baver dans les couloirs moelleux d´une suite où on dormirait à quinze. On prefère s´en tenir à la terrasse de mes appartements, où je croise quelques rugbymens sudistes distrayants, saoul qui paient leur coup; on s´essaie aux boites du centre, où les péruviens sont fans de reggaeton, auquel je ne comprends rien; le soir suivant, on boit du pisco sour dans un bar chic installé dans un wagon de train de l´époque coloniale et c´est un véritable délice.

Comme j´ai passé une après midi à arppenter la ville jusque dans ses bas fonds à grands coups de collectivos - j´adore ces trucs là-, j´ai finalement trouvé des billets qui nous permettent de filer poursuivre notre route vers le sud, moi, Valérie, la québecoise, maintenant en vacances, et Aurélie, une infirmière Normande; un groupe qui ne m´aide que peu à pratiquer mon espagnol; mais mes progrés en la matière sont tels que je dois veiller à me laisser une marge de progression pour le reste du voyage.


Cote Sud

La descente de la Panaméricaine, véritable parcours du touriste, nous mène d´abord vers Pisco, ville dévastée par un tremblement de terre l´an dernier, où nous daignons, en notre qualité, tout juste poser un oeil complaisant sur cette ville où le plein-pieds s´est généralisé radicalement. Nous nous arretons à Paracas, petite, mais vraiment petite bourgade de bord de mer, constituée d´une rangée de restaurant sur laquelle s´acôte une rangée d´hostels. L´attraction du coin est la sortie en rang serrée en bateau, au petit matin pour visiter les Iles Ballisteas, surnomées "Galapagos du pauvre"; visite assez épatante, ces iles ne sont que quelques bouts de rochers à quelques encablures de cotes, mais il y niche une quantité de bestiolles qui dépasse le raisonnable; pingouins, otaries, lions de mers, pélicans, et oiseaux par milliers squattent l´endroit en brayant; ça pue le piaf à des kilomètres à la ronde, et seuls deux péruviens vivent dans les deux baraques des iles, recouvertes d´oiseaux, histoire de garder le parc; c´est un vrai décor de ciné, avec tous les jours la meme scène étonnante d´une dizaine d´embarquations remplies de touristes qui se suivent et viennent tourner autour des bestiaux; les touristes regardent les bestiaux, les bestiaux regardent les touristes, et tout le monde est bien content. Sur le retour on voit même quelques dauphins fénéants venir quetter quelques miettes aux pécheurs, qui fénéants tout autant, s´en partent tout juste en mer. On consacre l´après midi à l´excursion du désert voisin, avec Ulrich le Danois pour compléter l´affaire; qui consiste à quelques belles étendues venteuses débouchant sur les falaises du pacifique.


A peine remis de nos folles émotions que nous nous retrouvons à Huacachina, qui est une sorte d´oasis au milieu du grand désert qui se forme sur la cote sud du Pérou en bordure de pacifique. C´est un lagon autour duquel se trouvent plusieurs installations à gringos, tout pour le faire manger, boire, dormir et consomer comme il aime ben ben ça. Sur le conseil de notre guide et chauffeur à coupe mulet du désert, on se retrouve, et c´est gentil à lui, dans l´hotel le plus glauque du lagon, surement un ancien batiment militaire, froid et venteux, mais pas cher il est vrai, ce qui fait notre affaire. La bar du coin passe tous les clips des rollings stone, il y traine quelques jeunes qui sont là pour être cools et la bière, toujours de format germanique est à un prix dérisoire, je suis heureux. L´activité du coin se passe essentiellement en journée, c´est à dire quand on a trop chaud. On va s´embarquer sur des sortes de bugee , conduit par de vrais fondus du volant, et là, il vaut mieux s´acrocher, le mec, s´en va dans le désert prendre toutes les bosses, monter les pentes à la quasi verticale, et forcement se jetter dans de pente tout aussi raides; ça secoue de partout, bondit et vrombit, les gens crient, et, que mes nombreux lecteurs forains me le pardonnent, c´est bien plus drole que leurs bêtes manèges. Après quelques "ride" -c´est du langage de surfeur- notre chauffeur nous fait débarquer pour qu´on se lance dans le "sandboard", ou surf dans le sable. Les planche sont pourries et en bois bien épais, et d´avis de surfeur avisé, c´est à dire pas vraiment moi qui ne suis pas difficille; ça ne glisse pas bien, on s´embourbe, et ça n´a rien à voir, you know. Ouais, jm´en fous pas mal, je remarque vite comme tout le monde que c´est plus marrant à plat ventre, la tete en avant, sur des descentes de plus d´une centaine de mètres on arrive bien assez vite.



Ayant mangé suffisament de sable au bout de quelques descentes, tous ces gens très cools s´en remontent dans leurs engins pour rider de la dune une dernière fois au couchant. On en arrive à la nuit, et ça c´est quand on a trop froid, c´est con le désert, et on se réchauffe dans le bar d´un gars qui donne des cours de salsa, mais qui n´a pas de client, mais un feu dans le jardin de son bar. Notre nouvel ami, le chauffeur fondu du bugee nous y a rejoint et le pisco se marie bien avec le rhum aussi.


L´avancée des troupes se pourssuit par une visite matinale d´une fabrique de pisco moins relevée que la desgutation en guise de petit dèj, puis la balade autour de Nazca et de ses si mystérieuses lignes, vestiges incas pour les unes, dessins des extras terrestres pour les plus perturbés; puis vient ensuite le cimetière Incas et les momies rastas déterrées, le tout guidé dans une bagnole pourries sans fenetres à travers les deserts alentours.Encore bien du bus pour arriver à Arequipa, la cité blanche, deuxième ville du Pérou qui siège dans un paysage de volcans et canyons.

Arequipa

Le canyon, Ah!, parlons-en, belle promenade à touriste que voici, il fallait bien qu´on finisse dans un truc comme ça. Il s´agit d´un des deux plus grand canyon du monde, les deux étant tout à coté l´un de l´autre. L´expédition au canyon de Colca est l´atraction numéro un du coin; il s´agit de se faire balader en camionette, s´arettant dans des villages où des bonnes femmes font des danses traditionelles de façon très naturelle, à 8h du mat, il y a plein de trucs à acheter et pas grand chose à voir; on est ensuite trainés à travers le canyon, qui ressemble qu´à un bete bout de vallée; en fait le canyon qui ressemble à un canyon est inaccessible en voiture...On s´arrette pour quelque point de vue où sont toujours postées des ptites dames qui vendent tout et n´importe quoi, et on arrive au point culminant de la journée, "Cruz del Condor", corniche où nichent quelques trois cents touristes dans l´espoir qu´un condor soit attiré par le bruit des bus où l´odeur de la crème solaire; il parait que ça marche quelquefois, nous ne verrons qu´un bête moineau parader, heureux de tant d´attention, et nous irons nous consoler l´après midi dans les sources d´eau chaudes naturelles à 38 degrès qui remplissent des piscines en plein air.

A Arequipa, se visitent agréablement un musée tout dédié à Juanita, un cadavre inca, tout bien conservé, retrouvé recement dans les glaces de l´Ampato, un grand volcan du coin; car, les Incas, pour se protéger des éruptions, avaient pour coutume d´aller sacrifier quelques gamins au sommet de ceux-ci, que des gamins, c´étaient surement les plus faciles à embobiner. Il y a aussi une chouette citée, sorte de ville dans la ville, toute colorée et avec plusieurs petites rues, mais tout entourée de hauts remparts, cars il s´agissaient d´un couvent dans lesquelles quelques bonnes femmes passaient leurs vies à prier Jésus sans jamais plus sortir des murs, et disposant d´un parloir grillagé pour leurs rares contacts avec l´extérieur; à noter que la religion catholique fut ici un peu modifiée quand les espinguins crurent bons d´obliger les Incas à vénérer Jésus, aussi, et sans que je comprenne bien pourquoi, ce qui interessa le monde ici, c´est surtout la mort de Jésus plus qu´autre chose, et on voit ainsi dans les églises de la région les figures bibliques virer à la boucherie, et ce pauvre Jésus, toujours complètement défoncé, sanginolant à l´extrème, affalé sur le sol quand non clouté, les yeux révulsés en permanence.




Un soir, me trouvant de bonne humeur, je me laisse entrainer par mégarde dans un concert de cumbia, genre de salsa à la mode dans le pays, qui passe sur toutes les radios, et dont les deux plus grands groupe du pays sont en représentation ce soir. Un chance que nous ne manquons de saisir. Le concert est affiché pour 15h,les protes ouvrent à 17, les groupes de lever de rideaux jouent entre 20 et 23h et on ne commence qu´avec huit petites heures de retard. A ce rythme, tout le monde est déjà bien saoul, c´est le but, le concert prend pretexte du 145 ème anniversaire d´une des quelconques bières du pays, comme quoi, c´est bien une tradition planétaire que de toujours parvenir à trouver de bons pretextes pour se cuiter.


Tout le monde danse, l´ambiance est plutot sympathique, les rares qui ont l´alcool mauvais se font sortir vraiment rapidement par une sécurité qui a autant à faire à des batailles de meuf que de gars. Les groupes qui jouent se composent souvent d´une multitude de chanteurs et musiciens autour desquels se trémoussent des filles en bikinis; et autre particularité amusante, en tout cas au début, les 4 groupes de la soirée jouent presque tous les mêmes chansons! Quoi qu´il en soit, les péruviens font décidement des fêtes sympas et plutot marrantes.

Les gueux d´ici sont pas contents,à cause d´une sombre histoire de répartition des terres, et imitant leurs homologues péruviens, ils décident de bloquer certaines lignes de bus et empechent donc de relier Cuzco et le Machu Pichu. Certains bus seraient passés il y a quelques jours, les voyageurs passant les barages à pieds pour reprendre un autre bus, d´autre faisant demi-tour apr`s des heures de route. Et niveau information au Pérou, c´est pas vraiment la haute précison qui prévaut; personne ne sait rien, beaucoup de monde s´en fout, ce qui vaut pour une heure n´est plus vrai pour la suivant et quand mes comparses décident de repartir prendre un bus pour remonter dix heures en arrière pour espérer trouver un bus de nuit, je preffère les abandonner, ainsi que mon billet de train pour le machu pichu et les dollards qu´il représente; mais attention! Je reviendrai.... En attendant, un message à l´hotel en guise de faux espoir, et un aller-retour inutile avec le terminal de bus plus tard, je ne m´en vais pas jouer le briseur de grève, mais me retrouve à nouveau embarqué dans une histoire d´altitude sans trop avoir eu le temps d´y réflechir, sur les pentes du volcan surplombant Arequipa, le fumeux Misti.

Loic, s´en va cracher du feux.


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